Conférence présentée au Congrès Mondial de Médecine Traditionnelle Chinoise
Toronto 2006
Médecine Traditionnelle Chinoise et développement durable :
Situation et perspectives pour les espèces menacées
Par Patrick Shan
(SLIDE 1)
Mesdames, Messieurs,
Le présent congrès témoigne d’une réalité qui nous réjouit tous : celle du développement de la MTC dans le monde.
Il n’est pas besoin d’être mathématicien pour deviner que ce développement, qui n’en est certainement qu’à ses débuts, pourrait dans les années à venir s’accompagner d’une forte augmentation dans la consommation de pharmacopée chinoise.
Certains se frottent déjà les mains en devinant les fantastiques perspectives économiques qui découlent de cette croissance.
Mais d’autres s’inquiètent, à juste titre, du dramatique prélèvement d’espèces animales, végétales et minérales que cela risque d’induire, compte tenu du nombre d’espèces d’ores et déjà fortement menacées et en situation de survie précaire.
Nous, praticiens, utilisateurs et représentants de la MTC, portons aujourd’hui une lourde responsabilité vis-à-vis des générations futures dans la gestion de cette croissance.
Voici, à titre d’exemple, la situation actuelle de certaines espèces parmi les plus connues, et jusqu’à il y a peu, couramment utilisées en MTC :
(SLIDE 2 : TIGER)
Alors qu’il restait quelques 100 000 tigres au début du siècle dernier, il en subsiste moins du dixième aujourd’hui. A la vitesse où va la consommation d’os de tigre, cette espèce aura disparue totalement de la planète dans quelques années. Je dis bien : quelques années.
Évidemment, des efforts ont été faits, et l’on ne trouve plus Hu Gu qu’en contrebande. Mais la contrebande est elle aussi un marché juteux, et on trouve encore trop facilement ces derniers produits, que certains persistent à utiliser. Là est tout le problème. Un problème grave, et hélas commun à toutes les autres espèces dont nous allons parler.
(SLIDE 3 : RHINO)
La situation du rhinocéros est tout aussi précaire que celle du tigre. Il n’en reste qu’un modeste troupeau sur chaque continent, africain et asiatique. En Afrique, une politique de protection renforcée commence à donner quelques résultats. En revanche, si rien n’est fait rapidement, les espèces asiatiques n’existeront bientôt plus que dans les livres d’images de nos petits enfants.
(SLIDE 4 : MUSK DEER)
La demande de musc est en très forte croissance, tandis que la population de daim fond de façon alarmante. Il partage, avec le tigre, le rhinocéros, l’ours et le léopard des neiges, le triste privilège des grands mammifères que l’on décime par dizaines pour obtenir d’infimes quantités de médicaments.
(SLIDE 5 : ASIATIC BLACK BEAR)
Si la population d’ours noirs est pour l’instant un peu moins dramatiquement menacée que les espèces précédentes –et cela ne saurait durer au vu de la demande croissante-, les conditions dans lesquelles il est exploité pour sa bile posent de graves questions sur la légèreté avec laquelle nous faisons souffrir d’autres espèces pour atténuer nos propres souffrances.
(SLIDE 6 : SNOW LEOPARD)
Utilisé à la place du tigre pour ses os, le léopard des neiges connaît à présent le même triste sort que son malheureux cousin. Il risque de disparaître en quelques années lui aussi.
(SLIDE 7 : SAÏGA ANTILOPE)
Parmi les grands mammifères qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la fonte des espèces, même les animaux en population initialement plus grande sont en train de disparaître, comme cette antilope qui n’existe plus en Chine depuis les années 40, et dont la population mondiale s’est réduite de 90% en 10 ans.
(SLIDE 8 : SEAHORSES)
L’hippocampe, qui a connu un boom de consommation en pharmacopée chinoise ces dernières décennies, témoigne d’une autre réalité dérangeante, à savoir l’effet de mode de certains produits médicinaux. Il est en effet difficile de croire que les maladies que sont censés traiter les produits que nous venons de citer se sont accrues dans les mêmes proportions exponentielles que la consommation desdits produits.
L’ignorance menant à l’automédication inappropriée est une grande menace pour les espèces les plus fragiles. Beaucoup de peuples utilisent à mauvais escient certaines espèces végétales et animales pour des propriétés qu’elles n’ont pas. Certaines espèces, à commencer par le rhinocéros ou le tigre, ne seraient pas devenues ce qu’elles sont si seules les personnes qui avaient vraiment besoin de leurs propriétés, et qui ne pouvaient vraiment disposer d’aucune autre solution thérapeutique équivalente, les avaient utilisées.
C’est une croyance aussi tenace que fausse que de considérer que ce qui est rare est forcément bon. À la vérité, bien des produits de la pharmacopée traditionnelle sont victimes d’un véritable effet de mode thérapeutique, mode qui arrange les fournisseurs légaux comme illégaux, mais contre laquelle nous, professionnels, devons lutter.
(SLIDE 9 : PLANTS)
Cette tendance généralisée à la consommation par ignorance est également remarquable dans le domaine des plantes, à commencer par la plus connue d’entre elles, le ginseng.
Nous avons fini par épuiser le ginseng pour traiter nos propres situations de fatigues. Des fatigues qui, la plupart du temps, ne requièrent pas de plante à action aussi urgente, et qui en tout état de cause, pourraient être prévenues et traitées autrement.
L’automédication, l’absence de réel diagnostic et la vente libre de produits qui mériteraient d’être prescrit uniquement sur ordonnance médicale, sont une autre cause majeure du dommage irréversible causé à certaines espèces.
Seule la recherche de profit s’oppose à la correction de ces mauvaises habitudes, correction qui servirait le bien-être des malades eux-mêmes.
(SLIDE 10 : STATISTICS ABOUT AVAILABILITY OF MEDICINES)
Quelques enquêtes de terrain menées dans des pharmacies chinoises de San Fransisco et New York City entre 1996 et 2003 montrent un phénomène inquiétant : la demande –et donc le commerce- ne cesse de croître en dépit de la raréfaction de l’espèce, jusqu’à ce que l’espèce en question soit sur le point de disparaître, donnant alors naissance à une surexploitation de l’espèce censée la remplacer.
Seule satisfaction dans ces statistiques, une baisse de l’offre significative concernant le tigre et le rhinocéros, vraisemblablement due a une sensibilisation accrue des praticiens depuis quelques années, notamment sur la côte ouest des Etats-Unis.
Quoi qu’il en soit, ces chiffres sont tristement édifiants. Ils dénoncent une logique de rentabilité à court terme. Lorsqu’une espèce prolifère, elle est exploitée de façon industrielle, et lorsqu’elle vient à se raréfier du fait de cette surexploitation, elle est pourchassée, et les derniers spécimens sont vendus à prix d’or. Les malades n’apparaissent finalement que comme alibi de ce crime à l’égard des derniers représentants de notre patrimoine vivant commun.
Je suis triste de voir encore des praticiens s’enorgueillir de pouvoir obtenir certains produits en dépit de leur rareté. Évidemment qu’on peut toujours les obtenir, tant qu’il en reste, et tant qu’on y met le prix. Mais lorsque le dernier rhinocéros aura eu le nez coupé, de quoi pourront-ils bien s’enorgueillir ?
Faudra-t-il que se réalise cette triste prophétie amérindienne : « Lorsque l’homme blanc aura tué le dernier animal, coupé le dernier arbre et empoisonné la dernière rivière, c’est seulement alors qu’il réalisera que l’argent ne se mange pas » ?
(SLIDE 11 : FAREWELL ?)
La liste des espèces animales et végétales sur le point de disparaître, notamment à l’état sauvage, est hélas infiniment plus longue que les quelques exemples cités.
Au stade actuel, ce n’est plus telle ou telle espèce qui est menacée, mais la biodiversité elle-même. Si nous n’y prenons pas garde, la pharmacopée chinoise risque de devenir l’acteur de sa propre dégénérescence. On n’ose imaginer la qualité d’une pharmacopée réduite à des champs de monoculture stérile et à l’élevage intensif de quelques espèces. Que restera-t-il de traditionnel dans la médecine chinoise de demain ? C’est à nous de le décider aujourd’hui.
(SLIDE 12 : SOLUTIONS I)
Nul ne peut nier que toutes les espèces citées dans le Ben Cao (Materia Medica chinoise) ont des vertus thérapeutiques bien réelles, affinées depuis des siècles.
Nul ne peut nier que, face à un patient présentant des signes alarmants, la tentation est grande de donner ce qu’il peut y avoir de plus efficace pour sa guérison.
Tout traitement n’est-il pas, de même que tout repas, un sacrifice ? Nous savons que la vie se nourrit de la vie, et que ceci est valable pour toutes les espèces. Mais nous savons aussi que, lorsqu’une espèce disparaît, les autres sont bientôt menacées à leur tour.
En fait, il serait possible, et souhaitable, de pouvoir continuer à utiliser dans notre pratique l’ensemble des substances médicinales déjà utilisées depuis des siècles : à la seule et impérative condition que soit d’abord mise en place une politique efficace de préservation et de repeuplement des espèces, assortie d’un très strict contrôle en matière de trafic. Ce qui n’est absolument pas le cas pour l’instant.
Il faut donc se tourner vers les possibilités de remplacement, car nous nous dirigeons de toute façon, et à toute vitesse, vers une impasse.
Il n’est pas toujours évident de trouver un remplaçant systématique pour chaque espèce menacée, car selon le rôle rempli par ce produit dans diverses formules, le produit le mieux à même de le remplacer peut varier.
En outre, l’espèce chargée de remplacer celle qui est menacée risque elle aussi, à terme plus ou moins court, de subir le sort de son ancêtre, si la modération ne prévaut pas dans son usage et sa production.
La situation est grave, mais par insouciance ou intérêt, et dans tous les cas, parce que nous avons une vue dramatiquement trop courte, nous continuons de l’ignorer. Il n’est pas tolérable que des praticiens continuent de prescrire, et des pharmaciens de fournir des produits tels que ceux que nous avons évoqués.
Comme dit le proverbe : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.
Nous, médecins et pharmaciens traditionnels, avons un premier devoir, une première responsabilité : celle de commencer par boycotter l’usage de produits figurant sur la liste des espèces protégées. L’offre ne faisant que suivre la demande, c’est la toute première étape pour éviter la disparition imminente des espèces les plus menacées. Car si le boycott ne se fait pas volontairement maintenant, il se fera par la force des choses demain.
Nous avons ensuite le devoir d’informer le public sur les autres possibilités offertes par la MTC. L’essence de cette médecine est préventive, et nombre de plantes et de produits animaux menacés entrent dans des traitements de maladies qui pourraient être traitées autrement si elles étaient prises plus en amont.
Il faut absolument valoriser les méthodes de soins les plus écologiquement responsables. L’acupuncture, par exemple, méthode de soins au coût initial dérisoire, est très efficace dans le traitement des maladies rhumatismales ou des états de fatigue. Son usage précoce et régulier pourrait rendre caduque l’usage de l’os de tigre ou de léopard, ou encore réduire considérablement l’usage du ginseng.
Si la MTC doit se répandre tout autour du globe, elle doit en même temps rechercher les moyens de puiser dans les autres médecines traditionnelles les moyens de sa propre survie. Bien des voies thérapeutiques sont explorables, pour chaque produit et chaque maladie. C’est à nous tous d’y oeuvrer.
(SLIDE 13 : SOLUTIONS II)
C’est également aux responsables politiques et économiques de tous pays, conscients du véritable enjeu à long terme, de nous aider dans cette tâche.
Il appartient aux gouvernements de faire preuve de la plus extrême rigueur dans la lutte contre le trafic et l’exploitation commerciale des espèces menacées.
C’est également une question de volonté politique que d’imposer, dans les pays utilisant la MTC, la nécessité d’un diagnostic et d’une prescription faites par un praticien de MTC pour utiliser certaines formules de la pharmacopée chinoise.
Enfin, un important travail d’information est à faire en direction des professionnels et du public concernant le remplacement systématique des espèces protégées par leurs succédanés connus ou d’autres méthodes de soins.
(SLIDE 14 : LAST PATH)
Un observatoire indépendant intitulé LAST PATH, dont le Siège est basé en France, a été créé récemment à cet effet. Son but est de collecter les informations et de conseiller utilement les gouvernements, les fédérations de praticiens et les décideurs qui accepteraient de prendre ce problème à bras le corps. Cet observatoire est lui-même à la recherche de différentes formes de soutien lui permettant de remplir sa mission. Le représentant de cette association est présent à ce congrès, et je serais reconnaissant que se manifestent, à l’issue de cette conférence, ceux qui accepteraient de soutenir économiquement et politiquement ce projet qui nous concerne tous.
(SLIDE 15 : SOURCES)
Vous donner ici la liste complète des espèces menacées serait –hélas- un peu long, mais voici le site sur lequel vous pourrez la trouver : www.redlist.org
CONCLUSION :
La nature, dans sa sagesse, a créé la vie sous une forme multiple et équilibrée. La médecine chinoise est le reflet de cette sagesse, elle qui sait comment tous les éléments de ce monde s’imbriquent et se complètent. Elle par qui nous avons appris que la vie ne nous appartient pas, c’est nous qui lui appartenons. Elle qui nous a enseigné que la terre et le ciel sont nos –grands- parents, et que les autres espèces de vie forment une grande famille, un écosystème, comme les organes d’un corps. Elle qui nous met en garde sur le fait que détruire un élément, c’est détruire l’ensemble.
(SLIDE 16 : SOURCES II)
Parce qu’il n’y a pas de vie sans équilibre de toutes ses formes, parce que l’on ne peut prétendre protéger la santé au détriment de la vie, il est de notre devoir de médecins de prendre conscience du drame qui est en train de se jouer, du risque accru pour nombre d’espèces que pourrait encore causer le développement de la pharmacopée chinoise à travers le monde, et d’agir de façon urgente et responsable.
(SLIDE 17 : SOURCES III)
La Médecine et la pharmacopée chinoises sont millénaires. Elles ont traversé les siècles et les révolutions. Il est de notre responsabilité commune de ne pas dilapider un si précieux héritage, et de faire en sorte qu’il puisse être transmis à son tour aux générations futures.
Je vous remercie de votre attention.
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Lecture given during the International Congress of TCM, Toronto 2006
Traditional Chinese Medicine and sustainable development :
Situation and perspectives for the endangered species
By Patrick Shan
(SLIDE 1)
Ladies and gentlemen,
This congress gives evidence of a heartening reality : the TCM is developing in the world.
There is no need to be a mathematician to guess that this development, which is certainly only in its infancy, could well be accompanied by a great rise in the use of the Chinese pharmacopoeia in the years to come.
Some people are already rejoicing in the fantastic financial perspectives that will ensue from such a development.
But others worry, and justly so, about the fact that this development could lead to a drastic draining on animal, vegetal and mineral species, considering the number of species which are already strongly endangered and in a position of precarious survival.
We, TCM practitioners, users and representatives, share a heavy responsibility towards the future generations as far as the management of this development is concerned.
(SLIDE 2 : TIGER)
When there were still about 100.000 tigers left at the beginning of the last century, less than a tenth remain today. In view of the galloping consumption of tiger bone, this species will become completely extinct in a few years. And I do mean : a few years.
Of course, efforts have been made, and you can only find smuggled Hu Gu. But contraband is a lucrative market too, and one can still find those smuggled products all too easily. Some people keep using those products and this is the problem, a very serious problem, which is unfortunately common to all the other species we are now going to discuss.
(SLIDE 3 : RHINO)
The position of the rhinoceros is as precarious as that of the tiger. There only remains a modest herd on each continent, African and Asian. In Africa, a policy of reinforced protection is beginning to show some results for the white rhinoceros. But meanwhile, if no one does anything about it really quickly, the Indian species is soon to be observed only in our grandchildren’s picture books.
(SLIDE 4 : MUSK DEER)
(SLIDE 5 : ASIATIC BLACK BEAR)
If the Asiatic black bear population is a little less dramatically threatened than the preceding species for the moment – but this cannot last much longer now, given the increasing demand -, the conditions under which it is exploited for its bile seriously question the thoughtlessness with which we have other species suffer in order to attenuate our own pains.
(SLIDE 8 : SEAHORSES)
The seahorse, which has boomed in Chinese pharmacopoeia in the last decades, shows another disturbing reality : some medicinal products are fashionable. It is indeed difficult to believe that the diseases that the aforementioned products are supposed to cure have increased in the same exponential proportions as the consumption of the said products.
Ignorance, leading to inappropriate self-medication, is a great threat for the most fragile species. Many peoples use certain animal and vegetal species ill advisedly for properties they don’t have.
Certain species, especially the rhinoceros and the tiger, wouldn’t have become what they are now if they had been used only by people who really needed their properties and who could absolutely not find another, equivalent therapeutic solution.
To consider that what is rare is necessarily good is a false but stubborn belief. In truth, many products of the traditional pharmacopoeia are the victims of a real fashion effect, a fashion which suits the suppliers, legal or illegal, but against which we, professionals, must fight.
(SLIDE 9 : PLANTS)
This generalized tendency to consume ignorantly is also remarkable as concerns plants, and especially the most famous of them : ginseng.
We have finally exhausted ginseng to treat our own states of exhaustion. Fatigue which, most of the time, does not require such an emergency plant and which could moreover be prevented and treated differently.
Self-medication, absence of a real diagnosis and over-the-counter selling of products, which would deserve to be dispensed only on medical prescription, are another major cause of the irreversible damage inflicted on certain species.
The seeking of profits is the only thing that opposes to the correction of these bad habits, a correction which would be of service to the well-being of the patients themselves.
(SLIDE 10 : STATISTICS ABOUT AVAILABILITY OF MEDICINES)
A few surveys conducted in Chinese drugstores of San Francisco and New York City between 1996 and 2003 show a worrying phenomenon : the demand – and thus the trade – keeps increasing in spite of the scarcity of the species, until the species at stake is on the verge of extinction, giving then birth to the overexploitation of the species which is supposed to replace the first one.
The only satisfactory point in these statistics is a significant reduction of the supply concerning the tiger and the rhinoceros, a reduction probably due to an increased awareness of the practitioners since a few years, especially on the west coast of the United States.
However that may be, these statistics are sadly edifying. They denounce a logic of short-term profitability. As long as a species proliferates, it is industrially exploited, and when it becomes rare because of this overexploitation, it is hunted down and the last specimens sold for a small fortune. The patients seem to be mere alibis for this crime against the last representatives of our common living patrimony.
I am sad to see that there are still practitioners who boast about being able to obtain certain products in spite of their rarity. Of course one can always get those products, as long as there is still some of it left, and as long as one pays for it. But when the very last rhinoceros will have had its nose cut off, what will they be able to boast about ?
Must the sad Amerindian prophecy come true, which says: “When the white man will have killed the last animal, cut down the last tree and poisoned the last river, only then will he realize that one cannot eat money” ?
(SLIDE 11 : FAREWELL ?)
The list of the animal and vegetal species that are on the verge of extinction, especially the wild ones, is alas infinitely longer than the few examples given here.
At the current stage, it is not this or that species that is endangered, but the biodiversity itself. If we are not careful about it, the Chinese pharmacopoeia might become the agent of its own degeneration. One daren’t imagine the quality of a pharmacopoeia that would be reduced to sterile monoculture fields and intensive breeding of a few species. What will remain traditional in the Chinese medicine of the future ? This is for us to decide today.
(SLIDE 12 : SOLUTIONS I)
There is no denying that all the species mentioned in the Ben Cao (Chinese Materia Medica) have real therapeutic properties which have been refined with the passing centuries.
There is no denying either that, facing a patient who shows alarming signs, the temptation is great to give him what could be the most effective medicine for his recovery.
Isn’t every treatment, just as every meal, a sacrifice ? We know that life feeds on life, and that this is true for all species. But we also know that, when a species becomes extinct, the others in turn are soon endangered.
In fact it would be possible, and desirable, to be able to go on using in our practice all the medicinal substances that have been used for centuries : but on the only and imperative condition that an effective policy of preservation and repopulation of the species be implemented first, as well as a strict control as regards traffic. Which is absolutely not the case for the moment.
We must then turn to means of replacement, for we well seem to be heading anyway, and at top speed, towards an impasse.
It is not always easy to find a systematic substitute for each endangered species, for the product best suited to replace a given species may vary according to the role that the species at stake plays in various formulas.
Moreover, the species that is supposed to replace the one that is endangered may in turn undergo the same lot as its ancestor more or less quickly if moderation does not prevail in its use and production.
The situation is serious but, because of a heedless attitude or out of self-interest, and at any rate because we are dramatically short-sighted, we keep ignoring it. It cannot be tolerated that practitioners should go on prescribing, and pharmacists dispensing, products such as those that we mentioned.
As the proverb says : “There is always hope.”
We, traditional practitioners and pharmacists, have a first duty and a first responsibility: that of beginning to boycott the use of the products that are on the list of the protected species. The supply naturally following the demand, this is the first step to prevent the impending extinction of the most endangered species. We should think about it : if the boycott is not voluntarily implemented now, it will be tomorrow by force of circumstance.
We then have the duty to inform the public about the other means that the TCM has to offer. This medicine is preventive in essence, and many endangered vegetal and animal products are part of the treatment of diseases that could be treated differently if they were tackled beforehand.
We must imperatively promote the most ecologically responsible therapeutic methods.. Acupuncture for instance is a therapeutic method with a derisory initial cost, and it is very effective in the treatment of rheumatic conditions or fatigue. Its early and regular use could render useless the use of tiger or leopard bone, and it could even reduce the use of ginseng considerably.
If the TCM must spread all over the world, it must at the same time look for ways of drawing on the other traditional medicines the means of its own survival. Many therapeutic ways are to be explored, for each product and each disease, and this is for all of us to do now.
(SLIDE 13 : SOLUTIONS II)
It is also for politicians and economy officials of every country, who are aware of what is truly at stake in the long-term, to help us in this task.
It is up to all governments to show the greatest rigour in the struggle taken up against the traffic and commercial exploitation of endangered species.
It is also a matter of political will, in all the countries using TCM, to render compulsory a diagnosis and a prescription by a TCM practitioner before using certain formulas of the Chinese pharmacopoeia.
Finally, there is an important information work to do towards the professionals and the public concerning the systematic replacement of the endangered species by their known substitute or by other therapeutic methods.
(SLIDE 14 : LAST PATH)
An independent research institute called LAST PATH, which has its headquarters in France, was recently created in this perspective. Its aim is to collect information and to give useful advice to governments, practitioner’s federations and decision-makers who would accept to tackle this problem. The institute itself is looking for any form of support that would enable it to accomplish its mission. A representative of this association attends this congress, and I would be grateful to anyone who would accept to back this project which concerns us all, for coming forward at the end of this lecture.
(SLIDE 15 : SOURCES)
For me to give you now the complete list of the endangered species would – alas! – be too long, but here is the website where you can find it : www.redlist.org
CONCLUSION :
Nature wisely created life as diverse and well-balanced. Chinese Medicine is the reflection of this wisdom, insofar as it knows how all the elements of the world are interwoven and complementary. Thanks to it, we have learned that life does not belong to us, but that we belong to life. It has taught us also that Heaven and Earth are our – grand – parents, and that the other life forms constitute a great family, an ecosystem, like the organs of a body. It warns us about the fact that to destroy an element is to destroy the whole.
(SLIDE 16 : SOURCES II)
Because there is no life without the balance of all its forms, because one cannot pretend to protect health to the detriment of life, it is our duty as practitioners to be aware of the tragedy that is happening, of the fact that the development of the Chinese pharmacopoeia all over the world could increase the threat for many species, and so to act urgently and sensibly upon this knowledge.
(SLIDE 17 : SOURCES III)
Chinese Medicine and pharmacopoeia are millennial. They have gone through centuries and revolutions. Other countries now adopt them. It is our common responsibility not to squander such a precious legacy, and to see to it that it should in turn be passed on to the future generations.
Thank you for your attention.